Même lorsqu’il est organisé de la façon la plus économique possible, un déménagement représente bien souvent un budget non négligeable. Au-delà du simple transport de vos biens personnels, le changement de logement implique bien souvent des frais d’agence immobilière ou des frais de notaire, la location temporaire d’un espace de stockage ou encore un double loyer à assumer pendant quelques mois.

De nombreux dispositifs existent et apportent un soutien financier aux foyers qui s’apprêtent à changer d’adresse. Du simple prêt à taux préférentiel jusqu’aux subventions et aux aides sociales, les aides disponibles s’adressent à une grande variété de profils et permettent le remboursement de sommes significatives.

Prime déménagement CAF, FSL : des aides sous conditions

La caisse d’allocations familiales verse une prime de déménagement CAF aux familles nombreuses qui sont amenées à déménager peu avant ou après une nouvelle naissance. Dans le détail, cette prime est ouverte aux familles de trois enfants et plus, lorsque le déménagement intervient entre le troisième mois de grossesse et les deux ans qui suivent l’accouchement du petit dernier. La famille, par ailleurs, doit bénéficier de l’APL ou de l’ALF dans son nouveau logement, ce qui signifie donc que la prime est indirectement soumise à conditions de revenus.

La prime de déménagement de la CAF affiche un montant non négligeable. Elle s’élève, dans la limite des frais réels engagés, jusqu’à 974,90€ pour une famille de trois enfants, 1056,15€ pour une famille de quatre enfants et 81,24€ en plus pour chaque enfant supplémentaire (montants applicables jusqu’au 31 mars 2016). Le formulaire de demande, facilement téléchargeable, doit être déposé à la CAF du lieu du nouveau domicile. Il doit être accompagné de tous les justificatifs utiles concernant les frais engagés (facture du déménageur, notes de frais…).

Les foyers les plus modestes pourront compléter cette aide en faisant appel au fonds de solidarité pour le logement (FSL). Sachez toutefois que le montant et les conditions d’attribution de cette aide dépendent de votre département de résidence, et peuvent donc varier assez fortement. N’hésitez à vous rapprocher du centre communal d’action sociale pour connaître les possibilités qui vous sont offertes.

Mobilipass : une avance utile pour de nombreux salariés

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, l’aide à la mobilité Mobipass ne constitue pas une subvention mais un prêt qui doit être remboursé. Elle est ouverte à toutes les personnes employées au sein d’une entreprise de plus de dix salariés, et soumise au paiement de la participation des employeurs à l’effort de construction (PEEC), également appelée « 1% logement ». Le montant maximal du prêt est compris entre 3000 et 3500€ selon la zone géographique concernée. Cette somme est remboursable sur une durée maximale de 36 mois, à un taux nominal fixe de 1%.

L’attribution d’un prêt Mobilipass est par ailleurs conditionnée à un certain nombre de critères : le déménagement doit avoir un motif d’ordre professionnel, et contraindre le salarié à changer de résidence principale (ou en acquérir temporairement une seconde) à au moins 70 kilomètres de son lieu de résidence initial. Le prêt est ouvert indifféremment aux personnes propriétaires ou locataires de leur ancien logement. Le nouveau logement, en revanche, doit impérativement être loué, et ce dans un délai maximal de six mois suivant la prise de fonction du salarié sur son nouveau poste.

Le Mobilipass est un prêt ciblé : il ne peut financer qu’une liste limitative de coûts liés au déménagement, dont par exemple une double charge de loyer pendant six mois maximum, les frais d’agence pour la mise en location de l’ancien logement ou encore les émoluments d’un notaire. A l’inverse, il ne sera d’aucun secours pour des frais d’hôtel, une migration de ligne téléphonique ou encore un raccordement gaz ou électricité !

Au-delà du Mobilipass, un salarié peut souvent bénéficier d’autres aides au déménagement via certaines dispositions de la convention collective dont il relève. Dans les plus grandes entreprises multinationales, qui se caractérisent souvent par un important turnover des salariés entre différents sites, des dispositifs internes existent aussi très souvent.

Dans la fonction publique

Les fonctionnaires, jusqu’à récemment, disposaient d’une version améliorée du Mobilipass par l’intermédiaire du « prêt mobilité à taux zéro ». Il s’agissait d’un prêt sans intérêt, dont le montant maximal atteignait 2000€ pour les fonctionnaires mutés dans certaines zones tendues (Île-de-France, région PACA…) et 1000€ pour les autres. Il est toutefois entré en extinction le 31 décembre 2011.

Des aides au déménagement subsistent dans un grand nombre d’administrations, mais leurs détails peuvent varier en fonction des ministères. Les militaires, par exemple, bénéficient d’une aide financière calculée en fonction de l’ancienneté du militaire et de la taille de sa famille, avec un certain nombre de mètres cubes pris en charge.

Les aides au déménagement dans la fonction publique sont d’autant plus importantes pour les corps de fonctionnaires soumis à une obligation de mobilité. La nature de ces aides peut aller d’une simple assistance financière à la prise en charge des contraintes logistiques du déménagement (embauche et paiement d’un déménageur), voire à la mise à disposition temporaire d’un logement de fonction pour nécessité de service. N’hésitez donc pas à vous renseigner auprès du bureau d’action sociale dont vous dépendez !

Déménager pour trouver un emploi

Jusqu’en 2013, les agences Pôle Emploi proposaient leur propre prime de déménagement pour tous les chômeurs acceptant de changer de lieu de résidence pour aller occuper ailleurs un poste. En janvier 2014, ce dispositif a été remplacé par une aide moins ambitieuse (mais toujours utile) pour prendre en charge temporairement les faux frais du salarié (transport, restauration et hébergement).

Cette aide est essentiellement réservée aux chômeurs de longue durée, dont le montant de l’indemnisation chômage est nul ou inférieur au montant minimal de l’aide au retour à l’emploi (ARE). Elle est valable pour toute distance supérieure à 60 kilomètres, non seulement pour un contrat de travail d’une durée de trois mois au minimum mais aussi pour assister plus ponctuellement à un entretien d’embauche ou à une formation. Son montant est plafonné, en toutes circonstances, à 5000€ par an.

Les crédits à la consommation « déménagement »

Parmi leurs gammes de crédits à la consommation (auto, travaux, vacances…), de nombreux établissements de crédit prévoient des offres spécifiques et peuvent vous avancer des frais pour financer un déménagement. La somme maximale pouvant être obtenue dépend naturellement de votre profil et de votre capacité de remboursement.

Cette solution ne doit être envisagée qu’à défaut de pouvoir payer comptant votre déménagement, dans la mesure où les sommes empruntées subissent un taux d’intérêt non négligeable. Le taux moyen constaté entre le 1er avril et le 1er juillet 2015 est ainsi de 3,90% pour un remboursement sur deux ans et de 4,20% pour une durée de remboursement de trois ans.

A défaut d’un crédit affecté, vous pouvez aussi opter pour un « prêt personnel », ce qui ne vous obligera pas à révéler à l’établissement de crédit le motif de l’emprunt. Les taux peuvent être légèrement plus élevés dans ce cas de figure.