Si le fait de s’installer dans un nouvel appartement situé à deux pâtés de maisons de l’ancien logement constitue déjà une épreuve lourde et stressante, la réalisation d’un déménagement à l’international représente un défi d’une toute autre envergure !

Il existe évidemment de nombreuses différences entre un déménagement routier vers un pays limitrophe de la France et le chargement de vos biens sur un cargo, à destination de l’autre bout du monde. Dans les deux cas, pourtant, quelques principes de base et un minimum de sens de l’organisation devraient vous aider à maîtriser le processus et à garder la tête froide.

Sélectionner un déménageur international confirmé

Gardez à l’esprit que les déménageurs classiques et les déménageurs spécialisés dans les trajets internationaux ne font pas le même métier. Ces derniers disposent de compétences plus poussées dans différents domaines : ils doivent notamment maîtriser les particularités liées au transport international de fret, et cultiver des relations suivies avec différents interlocuteurs comme les autorités portuaires ou les services des douanes, à la fois dans le pays de départ et dans le pays d’arrivée.

La recherche de votre déménageur doit être entamée au minimum trois mois avant la date prévue de votre départ. Il est recommandé de consulter en priorité le site Internet de la Fédération Internationale des Déménageurs Internationaux (FIDI). Vous y trouverez la liste exhaustive des entreprises de déménagement disposant de la certification FAIM, pour « FIDI Accredited International Movers ». Ce label qualité est le garant du professionnalisme et de l’expérience internationale du déménageur.

Les points à fixer avant de signer le contrat

Si chaque situation est différente, la réalisation d’un déménagement en-dehors des frontières nationales est une prestation pointue qui passe par quelques étapes fondamentales.

  • La réalisation d’une « visite technique » à domicile par le déménageur constitue une formalité préalable indispensable. Même si une estimation initiale du cubage pourra vous être demandée, seul un déplacement sur site du professionnel permettra de soulever et résoudre certaines difficultés (logement difficile d’accès, meubles sensibles ou fragiles, éléments à démonter…).
  • Le choix du type de prestation aura une influence directe sur le prix. Vous pourrez ainsi opter pour une formule économique, ce qui vous contraindra à conditionner vous-même vos meubles et objets avant l’arrivée du déménageur. Toutefois il peut être préférable de privilégier une offre tout-compris, incluant l’emballage et la protection de vos biens.
  • Faites un tri de vos affaires avant le premier passage du déménageur. Déterminez ce que vous tenez absolument à emmener, notamment tout ce qui a une valeur sentimentale, et évaluez honnêtement ce dont vous pouvez vous débarrasser (vieux meubles en kit, objets encombrants…). Dans de nombreux cas, il vous reviendra moins cher de vous rééquiper à neuf à votre arrivée plutôt que de financer un transport !
  • N’oubliez pas de déclarer la valeur de vos biens pour bénéficier, en cas d’incident, de l’assurance professionnelle du déménageur. Cette formalité passe par le renseignement d’un imprimé spécifique : vous devrez indiquer une valeur globale pour l’ensemble des objets transportés, mais aussi un montant individuel pour chaque objet au-delà d’une certaine valeur (100, 200€…).
  • La sélection de la date est importante pour déterminer le coût final du déménagement. Si vous en avez la possibilité, privilégiez la saison creuse (printemps ou automne) afin de réaliser des économies très appréciables.
  • Avant même de signer le contrat, vous devez avoir une bonne idée des modalités de prise en charge financière de la prestation. Si vous partez de votre propre initiative pour changer de vie ou encore pour suivre des études, vous aurez sans doute à assumer l’intégralité des coûts. Si vous êtes un cadre expatrié par votre entreprise, il est probable que cette dernière assumera tout ou partie de la facture, dans la limite d’un certain cubage.

Déterminer le type de transport

Il existe différents modes de transport pour mener à bien un déménagement transfrontalier. Tout dépend de votre lieu de destination et des moyens dont vous disposez. Par ordre croissant de coût, les professionnels pourront convenir avec vous des solutions suivantes :

  • Le transport par voie routière (camion de déménagement) reste la méthode recommandée si, comme la majorité des nouveaux Français expatriés, vous élisez domicile dans un autre pays européen. Le camion est non seulement économique, mais aussi plutôt rapide : selon la distance totale à parcourir (et les éventuelles étapes en chemin si votre déménagement est groupé avec celui d’autres clients), seuls quelques jours d’attente seront nécessaires avant de réceptionner vos meubles.
  • Le transport par voie maritime est le plus répandu pour tous les déménagements transcontinentaux. Il est aussi particulièrement flexible et s’adapte aussi bien à des petits volumes (caisses de transport à partir de 1 mètre cube) qu’aux plus gros besoins : les containers normalisés de 6 mètres de long contiennent 33,2 mètres cubes, soit un volume suffisant pour la plupart des maisons avec deux ou trois chambres. Les containers de 12 mètres renferment quant à eux jusqu’à 67 mètres cubes. Les délais de transit peuvent être assez longs : comptez environ un mois pour l’Amérique du Nord, un mois et demi pour l’Asie et jusqu’à deux mois pour l’Océanie.
  • Le transport par voie aérienne est relativement rare du fait de son coût très élevé. Il doit être réservé aux plus petits volumes (inférieurs à 5 mètres cubes). Il compense bien sûr ce désagrément par la rapidité de livraison : le délai sera le plus souvent inférieur à dix jours, quelle que soit votre destination.

Résilier ou modifier vos différents contrats de service

Ménagez-vous au moins un mois avant la date de votre déménagement pour procéder à la revue des différents contrats ou abonnements dont vous bénéficiez.

Sachez tout d’abord que vous pourrez conserver certains d’eux :

  • La plupart du temps, vous ouvrirez certes un compte en banque à votre arrivée mais pourrez garder votre ancien compte courant et effectuer toutes vos opérations via votre accès en ligne. Idem pour vos produits d’épargne, puisque seuls certains d’entre eux devront être fermés après votre départ : c’est le cas du livret de développement durable, du LEP ou du livret Jeune. Le livret A ou l’assurance-vie peuvent, en revanche, être conservés indéfiniment !
  • N’hésitez pas à conserver votre assurance auto si votre séjour est temporaire et si votre contrat inclut votre pays de destination. Il vous suffira de demander une attestation d’assurance avant de partir.

D’autres contrats nécessiteront une résiliation en bonne et due forme (eau, gaz, électricité, Internet, téléphonie…). Contre la production d’un justificatif de votre déménagement hors des frontières, vous aurez normalement le droit à une résiliation sans frais. Il vous suffira de contacter individuellement chaque prestataire et de suivre sa procédure à la lettre, laquelle inclut en principe l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception.

Mettre à jour votre situation administrative

Sur le plan administratif, les situations sont très variées : les démarches à réaliser dépendent de multiples critères, dont notamment votre pays de destination (pays membre de l’EEE ou non) et votre statut (étudiant, salarié, retraité, chômeur…). En règle générale, trois grandes thématiques doivent toutefois retenir votre attention :

  • Commencez bien sûr par vérifier la validité de vos documents officiels, dont votre carte d’identité et votre passeport. Assurez-vous d’être en règle avec les conditions imposées par le pays de destination (visa, vaccins…). A votre arrivée, n’oubliez pas de vous enregistrer sur le « registre des Français établis hors de France » auprès de l’autorité consulaire la plus proche.
  • Votre situation fiscale est à clarifier. Contactez votre centre des impôts environ un mois avant votre déménagement pour avertir de votre départ, connaître les implications de ce changement de vie et faire le point sur les impôts que vous continuerez éventuellement à payer en France et ceux qui vous seront réclamés à l’étranger.
  • En ce qui concerne votre protection sociale, enfin, vous conserverez votre statut d’assujetti à la Sécurité sociale française dans certaines situations (travailleur détaché à l’étranger, ayants-droits restant en France…) et pas dans d’autres (expatriation). Contactez votre caisse pour vous renseigner sur les modalités de la transition. Sollicitez également votre mutuelle pour obtenir une extension de couverture à l’international (ou résiliez-la pour une autre sur place). Les retraités, enfin, informeront leur(s) caisse(s) de retraite de leur changement de domicile et s’assureront des futures modalités de versement de leur pension.

Du déménagement à l’emménagement

Il est obligatoire d’être physiquement présent le jour du déménagement. Si vous êtes parti avant vos meubles et que votre présence est exclue, vous prendrez soin de rédiger un mandat et de charger une personne de confiance d’assister au chargement.

Au cours du déchargement à votre nouveau domicile, vous pourrez contrôler en temps réel le bon état général de vos meubles et objets si la prestation prévoit le déballage et le remontage. Dans le cas contraire, cela vous sera impossible. Contentez-vous alors d’inspecter rapidement les cartons pour y déceler d’éventuelles traces de choc : vous pourrez alors signer « sans réserve » la déclaration de fin de travail. Sachez toutefois que vous disposerez encore de dix jours calendaires pour faire connaître au déménageur, par lettre recommandée avec accusé de réception, toute avarie non détectée le jour de l’emménagement.